Créer du suspense dans un roman


Vous le savez sûrement si vous suivez mon blog, je suis fan de romans à suspense ! J’aime le mystère et les histoires où il y a tellement de tension qu’on arrive pas à poser le livre avant la fin. Lorsque je me lancée dans l’écriture de roman, je me suis naturellement dirigée vers ce genre littéraire. Aujourd’hui, j’ai donc envie de vous parler de suspense, et de la manière dont on le crée dans un roman.  

  • Qu’est-ce que le suspense ?

Pour vous donner une définition du mot suspense, j’ai choisi celle du maître du genre himself : Alfred Hitchcock. Voilà ce qu’il dit lors d’un entretien avec le cinéaste François Truffaut. 
« Le
suspense doit se distinguer de la surprise ou du choc, plus
caractéristique du cinéma d’horreur ou d’épouvante.
La différence
entre le suspense et la surprise est très simple. Nous sommes en
train de parler,
il y a peut-être une bombe sous cette table et notre conversation
est très ordinaire, il ne se passe rien de spécial, et tout d’un
coup, boum, explosion. Le public est surpris, mais avant qu’il ne
l’ait été, on lui a montré une scène absolument ordinaire, dénuée
d’intérêt. Maintenant,
examinons le suspense. La bombe est
sous la table et le public le sait, probablement
parce qu’il a vu l’anarchiste la déposer. Le public sait que la
bombe explosera à une
heure et il sait qu’il est une heure moins le quart
– il y a une horloge dans le décor ; la même
conversation anodine devient tout à coup
très intéressante parce que le public participe
à la scène. Dans le premier cas, on
a offert au public quinze secondes de surprise
au moment de l’explosion.
Dans le deuxième cas, nous lui
offrons quinze minutes de suspense

Grâce à ce discours, nous pouvons donc conclure que le suspense arrive dès lors qu’un élément inconnu entre
en jeu. C’est cette incertitude qui amène de l’intensité.

Le roman à suspense, ou thriller, est, contrairement aux romans du détective, un type de roman policier qui met généralement en scène un personnage placé
dans une situation de danger ou dans l’orbe d’une machination et joue avec machiavélisme du compte à rebours et de la tension dramatique,
de l’attente et de la chute. Sa grande caractéristique est son tempo
de plus en plus rapide, de plus en plus fiévreux, soit du suspense. 

Dès que vous mentionnez le mot « suspense »,
la plupart des gens évoquent automatiquement la peur. D’ailleurs, elle est
utilisée sans modération dans les films d’horreur. Comme nous l’avons vu précédemment, cette peur arrive
dès lors qu’un élément inconnu, incertain, entre en jeu.
On peut employer la même stratégie dans une
fiction. Autrement dit, pour créer du suspense, on peut recourir à
l’incertitude pour tenir le lecteur en haleine. C’est la
meilleure façon de le mettre dans un état de curiosité, de le
laisser se demander ce qui va suivre.
On peut induire de l’incertitude face à des choix
mais aussi face à des craintes. L’une et l’autre créeront une
forme de danger qui amènera invariablement vers plus de suspense.
Selon le philosophe grec Aristote, pour générer du
suspense, il faut nécessairement créer un sentiment de danger, mais
aussi une lueur d’espoir que tout s’arrangera d’ici la fin de
l’histoire. Autrement dit, dangers et secours doivent toujours
trouver un équilibre au sein de l’histoire.
 
  • Comment créer du suspense dans un roman
  •  

Maintenant que nous avons vu ce qu’est le suspense, il semble judicieux de connaître quelques astuces pour le mettre en place. Voici donc les recettes secrètes que j’applique dans mes romans :

  1. Vous pouvez créer du suspense en jouant sur les
    peurs et les angoisses de vos personnages. En les mettant face à
    leurs craintes, vous mettez le lecteur face aux mêmes craintes.
    Cette pression le mènera forcément à se demander ce qu’il
    adviendra et donc à prolonger sa lecture.
  2. Vous pouvez forcer votre personnage principal à
    faire des choix impossibles. Le dilemme face auquel vous allez
    confronter votre personnage créera là encore du suspense pour le
    lecteur parce qu’il se demandera quel choix le personnage principal
    fera.
    Les dilemmes aident à créer beaucoup de suspense.
    Le choix que le personnage fait surtout dans une  situation
    perdant-perdant permet de garder facilement le lecteur en haleine.
  3. Une façon efficace de créer
    du suspense est de dévoiler au  lecteur ce que le
    personnage ne sait pas. Beaucoup d’écrivains emploient cette
    méthode. Ils délivrent des bribes d’information au lecteur, ce
    qui le conduit à s’interroger sur la position adoptée par le
    personnage. Cette clairvoyance lui permet également d’entrevoir
    les dangers qui pourraient surgir. L’auteur s’appuie alors sur
    l’anxiété et la peur pour induire le suspense.
  4. L’utilisation
    de contraintes de temps génère également beaucoup de suspense. Les thrillers recourent facilement à ce
    genre d’effet. Ils instaurent, par exemple, une course contre le
    temps. Le personnage principal doit atteindre son but avant une date
    ou une heure définie.

    Une bombe se déclenchera ou des otages mourront si
    une rançon n’est pas livrée à temps. Attaché au personnage, le
    lecteur sera sur les dents. Tensions et suspense seront au maximum.
    Toutes ces situations vous permettront en outre de créer facilement
    des conflits qui sont le cœur et l’âme d’une bonne fiction.

    Même les émissions de téléréalité utilisent ce
    procédé. J’ai suivi quelques soirées
    The
    Voice.
    Juste avant l’annonce du gagnant,
    la chaîne joue de cette tension liée au temps. Les secondes qui
    précédent les résultats semblent interminables. Les caméras
    zooment d’un visage à un autre des concurrents puis reviennent sur
    celles des jurys. Et l’on relance la pression avec une petite
    phrase pour augmenter le suspense… enfin, le résultat tombe.

    La fiction fonctionne de la même façon. Garder donc
    votre lecteur en haleine aussi longtemps que possible avant la
    révélation finale. 
     

  5. Le suspense peut également venir d’une
    situation imprévisible. Rien ne doit être simple pour votre
    personnage principal. Lui rendre la vie difficile, le mettre en
    danger, lui faire perdre certains de ses biens les plus précieux,
    être horrible avec lui… J’ai suivi de nombreux ateliers d’écriture et je me rappelle toujours de ce conseil : « Rappelez-vous que l’action crée la
    réaction qui crée à son tour l’effet ».
  6. Bien sûr, l’histoire n’est pas la seule à
    fournir le suspense. Vous pouvez agiter une carotte virtuelle devant
    le lecteur chaque fois que vous terminez un chapitre. Finissez-le en
    poussant le lecteur à poursuivre la lecture au chapitre suivant.
    Certaines séries font bon usage de ce procédé.
    Quand l’épisode finit, vous pestez contre le réalisateur qui a
    choisi de couper alors que vous vouliez en savoir davantage ! Je suis
    sûre que cela vous est déjà arrivé.
    Moi, tout le temps ! 😉

     

    • En résumé :

    Pour créer du suspense, il faut :

    Créer un sentiment de danger pour vos
    personnages principaux.


    Les obliger à faire des choix impossibles.


    Maintenez la tension le plus longtemps possible.


    Recourir aux contraintes de temps et menez votre personnage principal
    à courir une course contre le temps


    Finir habilement votre chapitre avec un leurre qui prépare au
    suivant.


    Créer l’imprévisible


    Créer l’inattendu


    Informer le lecteur sur quelque chose que le protagoniste ne sait
    pas.

    Autrement dit, l’inconnu, l’incertitude,
    l’anxiété, la peur sont les ingrédients de base du suspense.

    Un conseil : si vous êtes coincé à vous interroger
    sur le suspense et comment l’injecter dans votre récit, posez-vous
    la question suivante : qu’est-ce qui se passe ensuite ?

    J’espère que ces quelques conseils vous auront aidés et convaincus d’injecter beaucoup de suspense dans vos romans !

    Je vous souhaite une excellente journée et à très bientôt !
     

    Myriam

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